Expo : Léonard de Vinci au Louvre (de nuit)

J’ai entendu parler de l’exposition sur Léonard de Vinci pendant des mois, et pendant des mois, je n’ai pas pensé à réserver de places en me disant que la foule, le fait de devoir prendre ses tickets 3 mois à l’avance et les avis assez mitigés sur sa composition ne m’y encourageaient pas assez.

Et puis le Louvre a proposé de réaliser un de mes rêves les plus chers, c’est-à-dire d’ouvrir de nuit pour laisser ses visiteurs errer, s’ils le souhaitaient, de 23h30 à 8h30 du matin entre les murs du Palais dans le cadre d’une exposition. En effet, du fait que cette fameuse expo De Vinci se terminait le 24 février, le Louvre ouvrait 30.000 places supplémentaires de nuit pendant trois jours. Une riche idée à première vue.

Comme vous vous en doutez, plus le prince charmant est beau et séduisant, plus il cache probablement une névrose couplée d’un narcissisme maladif. Donc plus cette idée d’ouvrir la nuit engageait au rêve et à l’accomplissement d’un désir artistique profond, plus ça puait la déception à plein nez. Je vous rassure, ça ne m’a pas empêché de me battre corps et âme sur le site internet décrépissant du musée pour finalement choper 3 places à la sueur de mon front.

Le Louvre, mes très chers amis, si par un miracle quelconque vous passez par-là, votre site est une catastrophe. Faites quelque chose, par pitié.

Me voici donc en pleine possession de mes billets, débarquant avec deux amis au Louvre, le samedi 23 février. Il est deux heures du matin et je suis fraîche comme un gardon.

Deux mots sur De Vinci

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous présenter Léonard, au cas où vous auriez envie de vous le figurer autrement que comme un vieux monsieur à longue barbe.

Léo est un artiste et savant né à Vinci (Italie) en 1452 et mort à Amboise (France) en 1519. Grosso modo, c’est un visionnaire qui incarne la figure du génie universel doublé d’une étiquette d’inventeur né trop tôt pour son époque. D’un point de vue artistique, c’est un initiateur du Cinquecento (XVe siècle) en pleine Renaissance, qui se caractérise par la rigueur mathématique, la perspective et tout simplement la perfection.

De Vinci apprend la sculpture et la peinture dans l’atelier de Verrochio, à Florence, et développe notamment sa fameuse technique du sfumato.

Et non, le sfumato n’est pas le nom d’une charcuterie italienne, alors ça suffit maintenant. Faites un effort à la fin.

sfumato : n.m, modelé vaporeux destiné à suggérer par les gradations de la couleur et de la lumière l’échelonnement en profondeur des objets dans l’atmosphère.

En fait, ça veut dire qu’on joue sur le clair-obscur pour effacer les contours et apporter un réalisme complètement dingue au sujet qui est peint.

Après ça, Léo va se barrer à Milan à la demande de Laurent de Médicis. Il va combiner les professions d’ingénieur militaire, d’architecte, de peintre, de sculpteur et de grand ordonnateur des fêtes (ça je sais pas ce que c’est, mais ça à l’air vraiment marrant).

A cette époque, il va peindre quelques petits trucs sympatoches :

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La Cène (1497)
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La Joconde (1503-1507)
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La Vierge, l’Enfant Jésus et Sainte-Anne (1508-15010)
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Le Saint Jean-Baptiste (1514-1515)

En 1516 (si dans votre tête vous avez pensé « 1515, Marignan », vous êtes vraiment forts), Léo débarque en France pour le compte de François 1er. Il va se poser près d’Amboise, au Clos-Lucé, où il coulera des jours heureux jusqu’à mourir, comme tout être humain.

On retient trois domaines de prédilection concernant Léonard De Vinci : l’anatomie, la mécanique (aussi bien des infrastructures comme des machines volantes ou encore des armes de guerre bien efficaces) et l’étude de la vie terrestre (au Louvre il y avait mon chouchou, à savoir ses pages de carnets « études des reflets du soleil sur les vagues« , tout simplement merveilleux).

D’ailleurs, ceci m’offre une merveilleuse transition : parlons de l’expo !

L’exposition

On va rapidement évacuer les sujets qui fâchent. La scénographie était extrêmement décevante, sombre et étouffante. Même en me pointant à deux heures du matin, c’était totalement irrespirable, premièrement à cause d’une masse de monde mal gérée, et deuxièmement parce que vous n’aviez pas intérêt à avoir une vue pourrave si vous vouliez apprécier les œuvres décemment, tellement il y faisait nuit, dans cette expo. J’ai eu la migraine et l’envie de m’enfuir pour claustrophobie au bout d’une dizaine de minutes, donc bon, pas de bon point. Je suis assez désagréable sur ce point parce que j’attends du Louvre un minimum de mise en scène et de considération pour ses œuvres, surtout quand on sait que cette exposition là a battu tous les records en dépassant le million de visiteurs. Alors million ok, mais pour combien de déçus ?

Venons en aux peintures. Vous vous en doutez, s’il faisait sombre, pas facile de les apprécier à leur juste valeur. Surtout quand une foule monstrueuse vous barre la route pour prendre en photo le précieux Saint Jean-Baptiste. Alors ok, Léo n’en a pas fait des masses et la Joconde était restée à son emplacement habituel de la collection permanente parce que sinon les touristes n’allaient plus savoir pourquoi ils venaient, mais quand même, c’était beau. Le sfumato est un concept qui me rend dingue tellement sa technique me paraît insaisissable. A voir en vrai, il vous vient une envie irrésistible de plonger votre main dans la toile pour tenter d’effleurer la peau de la Vierge ou de Saint JB, mon chouchou. Plus vrai que nature, le rendu vous coupe le souffle, c’est indéniable.

Mon coup de cœur maintenant : les études. Quel bonheur d’observer le travail minuscule, minutieux et superposé de multiples visages, prédestinés à resplendir en plus grand format, peint ou non. Quel plaisir de ressentir la plume d’encre griffonner au contact du papier sur les premières esquisses volatiles. Enfin, quelle délicieuse incompréhension nous berce devant les pages de carnets au langage mystérieux, et dédiées à l’étude de ce qui nous entoure. Simplement érotique. Selon moi, ces études donnaient un véritable sens à l’exposition, en soulignant d’un seul objet le talent de Léonard l’ingénieur, mais également l’artiste, obsédé par ses sujets.

Le verdict

Pour conclure, je dirais que je suis allée à cette exposition pour le cachet du Louvre et de l’opportunité que je m’étais offerte de visiter notre ami Léonard sous la lune de février. Je n’allais pas avoir cette chance tous les jours non plus. Pour ce qui est du cachet, c’est assez désastreux car je ne suis pas restée plus d’une heure dans le musée, pressée de quitter la foule envahissante à la chaleur grandissante. Moi qui voulais passer une nuit blanche, ivre de tout l’art que je pouvais ingurgiter, c’était assez raté. Par contre, pour ce qui est de notre ami De Vinci, je suis très heureuse d’avoir eu la chance de rentrer dans sa presque intimité, par le biais de ses mythiques carnets. Etant allée visiter le château d’Amboise et son fameux Clos-Lucé il y a quelques années, je n’y avais pas ressenti une aussi forte proximité.

Je me suis demandée ce qu’il aurait pensé de son expo. Je l’imaginais déambuler nerveusement autour de son travail, lassé de voir que la plupart de ses spectateurs ne présentaient qu’un intérêt de surface, incapable de l’apprécier autrement que derrière leurs propres écran, et que les autres, les passionnés, déchantaient vite de l’atmosphère ambiante. Mais après tout, ce qui compte, n’est-ce pas de rassembler le plus de personnes autour de l’art ? Léo disait lui-même que « le peintre doit tendre à l’universalité« .

***

Si tu as aimé cet article, tu as le droit de le dire, parce qu’on est en démocratie et que j’adore la liberté d’expression. Je serai ravie d’accueillir ton avis, ton point de vue, ton état d’esprit en commentaires ou en me suivant sur instragam @pepperdwyer !

Bises bises.

Pepper.

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