Artvent #6 La biographie (pas chiante) de Marguerite Duras

Lorsque j’ai élaboré le planning d’articles pour le Calendrier de l’Arvent, j’ai noté 6 artistes sur lesquels j’avais envie d’écrire machinalement, parce que je les aime et qu’ils me suivent et m’inspirent depuis toujours. Ce n’est qu’après coup que je me suis rendue compte que 6/6 étaient des hommes. Ça m’a un peu énervé. Ça m’a encore plus énervé de devoir me concentrer pour penser à une femme artiste qui m’aurait aidé à me construire et à me forger une image de l’art. Sauf Dalida.

J’ai conscience que pour mon cas personnel, les hommes ont la plupart du temps été des modèles pour moi. A part Antigone que je trouve hyper badass, mais qui n’est même pas vraiment un personnage réel, je n’avais bossé à fond sur aucune femme symbolique du milieu artistique.

BREF. Ici on parle passion. Et vu que heureusement, j’adore la littérature, c’est ici que j’ai pu commencer à creuser dans mes précédentes lectures pour trouver une femmes à présenter. Et celle qui m’est soudain apparue comme une évidence, c’est Marguerite Duras.

La vie de Marguerite Duras

Marguerite Duras est une femme de lettre, dramaturge, scénariste et réalisatrice française considérée comme une actrice majeure de la seconde moitié du XXème siècle et ré-inventrice du genre romanesque (rien que ça). Son oeuvre est moderne, bouscule les conventions et déstructurée. Les thèmes qui lui sont associés sont l’attente, l’amour, la sensualité féminine et l’alcool.

Marguerite Duras est née le 4 avril 1914 en Indochine Française – ancienne colonie qui n’existe plus et est devenu le Viêt Nam, le Laos, le Cambodge et un morceau de Chine. En gros, ses parents se sont portés volontaires comme colons. Son père est directeur d’école à Saïgon et sa mère institutrice. Son père va mourir en 1921, à cet événement se succèdent dix ans de galère totale, de vie nomade où sa mère rentre en France, puis repart en Indochine pour finalement re-devenir institutrice. Cette errance très instable va beaucoup impacter Marguerite qui s’en inspirera beaucoup plus tard dans l’écriture de ses romans. De toute manière, si quelqu’un peut me donner UN exemple d’événement pas hyper badant ayant inspiré l’oeuvre entière d’un artiste, n’hésitez pas à vous manifester.

Marguerite fait ses études en France dans les années 30′ et va se marier avec un certain Robert Antelme. Elle va bosser un temps au Ministère des colonies et démissionnera en 1940 après avoir été impliqué dans une commande de propagande un POIL raciste. Fait qu’elle déniera plus tard mais peu importe. Inutile de rappeler que comme d’hab’, c’est la Seconde guerre mondiale donc c’est un merdier pas possible.

Ecrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit.

Coucou, c’est l’Occupation ! (yes) A ce moment là, Marguerite accouche d’un enfant mort-né (génial) dont elle n’arrivera jamais à faire le deuil (sans blague). En plus de cela, elle apprend que son frère Paul meurt en Indochine (youpi) et elle se prend un amant, Dionys Mascolo (l’ambiance est dingue). Son appartement va devenir un lieu de rassemblement d’intellectuels, et c’est à cette période qu’elle commence à écrire son premier roman, Les Impudents (1943) qu’elle signera sous le nom de Duras (en hommage à papa et son village natal). Elle, son Robert et son Dionys, sont tous résistants.

En 1944, Robert est déporté (et Marguerite y échappe de peu grâce à son poto Mitterrand). Elle va séduire l’agent qui a fait arrêter Robert pour tenter de le délivrer. Elle fera zigouiller le-dit agent à la Libération. En même temps, comme je dis souvent, quand le lait sent le pourri, mieux vaut s’en débarrasser le plus vite possible. Elle va également être connue pour avoir fait libérer deux femmes « tondues de la libération », qui étaient en fait des femmes qu’on décidait de tondre lorsqu’elles étaient soupçonnées d’avoir collaboré parce que C’EST TELLEMENT FACILE ET SURTOUT QUE LA FRANCE A ÉTÉ MAJORITAIREMENT RÉSISTANTE ON LE SAIT BIEN HAHAHAHA.

Je suis cynique ? Ça va vous énervez pas, je dis juste que moi, j’aurai grosso modo foutu tout le monde dans le même panier à l’époque.

Pour revenir à Marguerite, elle va s’inspirer de Betty, une des « tondues » libérées, pour écrire le personnage de son roman L’Amant (1984). Elle va aussi aller creuser du côté des maîtresses de soldats allemands, sujet principal d’une autre de ses œuvres phares, Hiroshima mon amour (1959). Enfin, ses Cahiers de guerre et l’année d’enfer qu’elle vivra en tentant de soigner Robert, récupéré des camps dans un sale état, lui inspireront un autre de ses romans, La Douleur (1985).

Elle quitte Robert pour Dionys, qu’elle quittera plus tard. Elle est membre du Parti Communiste mais un de ses petits camarades va lui pourrir sa réputation en répandant des ragots sur elle comme quoi elle critique Aragon blablabla et puis que c’est qu’une sale traînée d’abord. Donc elle se fait jeter du PC. Mais bon, même si elle l’a mauvaise elle a autre chose à foutre et s’engage pour des causes comme le féminisme, la loi à l’avortement et la guerre d’Algérie. Dans les années 50, elle rencontre un nouveau coco, Gérard Jarlot, et commence à s’intéresser au cinéma et à vouloir adapter ses œuvres en bossant sur les scénarios. Dans les 1960’s, elle commence à être de plus en plus connue et reconnue aussi bien en littérature et au cinéma qu’au théâtre. Elle s’inspire beaucoup de faits divers et surtout, boit beaucoup d’alcool. Elle est pas trop satisfaite de l’adaptation qu’on fait de ses ouvrages donc elle se dit qu’elle va devenir réalisatrice, ce qui, je trouve, illustre assez bien le fameux dicton « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ». Le 5 avril, elle signe, notamment aux côtés de Simone de Beauvoir, le manifeste des 343 qui abolit la loi contre l’avortement (applauses).

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Dans les années 1970, l’alcool devient un vrai problème. Marguerite à des hauts et des bas pas jojo. Elle va vivre avec Yann Lemée (qu’elle appellera Yann Andréa – chacun ses petites lubies), un de ses admirateurs de 30 ans plus jeune qu’elle, qui sera en quelque sorte son compagnon (même si lui, c’est visiblement plutôt les hommes sa tasse de thé) et son secrétaire particulier. Il l’accompagnera jusqu’à sa mort.

En 1984, L’Amant remporte le Prix Goncourt, c’est un succès mondial. Marguerite met son nez dans l’affaire Gregory Villemin, ce qui fait scandale vous vous en doutez. Elle va parler de ses problèmes d’alcool dans La vie matérielle (1988). C’est en écrivant le scénario de L’Amant pour son adaptation qu’elle est hospitalisée et tombe dans le coma pendant cinq mois. Pendant ce temps, Jean-Jacques Annaud reprend le projet du film mais surtout n’allez pas croire que Marguerite va se laisser faire tranquilou bilou. La nana, dès qu’elle sort du coma elle vient récupérer son bébé DIRECT (ce qui est badass/20 à mon sens). Mais bon c’est trop tard et elle se fait un peu jeter de son propre projet. Elle passe à autre chose et continue à écrire. En 1995, l’opus C’est Tout, ses propos recueillis par Yann Andréa, est publié et personnellement je trouve que c’est le meilleur titre du monde (ainsi qu’une excellente épitaphe, mais passons). Marguerite s’éteint le 3 mars 1996.

Aujourd’hui, elle reste une des auteures les plus étudiée dans le monde et un mythe littéraire. Certains de ses textes sont traduits dans plus de 35 langues. En 2001, le Prix Marguerite Duras est créé (et offre une dotation de 15 000€). On se souvient d’elle comme d’une femme forte, qui fait polémique, qui se confronte et se battra toute sa vie.

***

Je vous remercie d’être resté jusqu’au bout de cet article ! On se retrouve demain pour un prochain. N’hésitez pas à donner votre meilleur avis en commentaire et à me rejoindre sur instagram @pepperdwyer ou bien à vous abonner à ce blog pour être alerté de mes prochaines publications.

A demain !

Pepper.

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