Artvent #2 La biographie (pas chiante) de Jean Cocteau

J’espère de tout cœur que vous êtes heureux de l’article d’hier sur la talentueuse céramiste Lucie Faucon. La seconde catégorie dévoilée de ce Calendrier de l’Artvent n’est autre qu’une biographie succincte, divertissante et pertinente, d’un artiste que j’aime et qui m’inspire. Alors oui, la plupart seront des hommes (à mon grand regret, mais pourquoi pas faire un calendrier spécial artistes féminins l’an prochain ?) et seront bah… morts. Malheureusement, on reconnaît souvent un génie à sa postérité et ça paraît évident mais… il faut souvent une vie entière pour créer ce qui nous façonne et ce pourquoi l’on est connu et reconnu.

L’artiste que j’ai décidé de traiter pour ouvrir ce bal n’est autre que celui pour lequel je voue un amour sans limites, et dont l’entièreté de l’oeuvre me fascine au-delà des autres : Jean Cocteau.

Jean Cocteau est pour moi un artiste complet. Et un fou furieux, mais ça c’est un autre débat. Il fut entre autres, poète, écrivain, graphiste, dessinateur, dramaturge, critique, réalisateur, scénariste, dialoguiste, acteur et français. Autant de titres incroyables qui aujourd’hui auraient été le pire calvaire à inscrire sur son CV. Il va connaître tout le monde et se nourrir inlassablement de l’Art (j’en connais pas des masses qui font à la fois des films, des céramiques, des livres, des tableaux et des tapisseries dans la même vie, et vous ?).

La vie de Cocteau

Ce cher Jean naît le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte dans une famille bourgeoise. Il va se faire virer de son lycée pour discipline et rate deux fois le bac. Vous allez dire que c’est un sale gosse mais bon le suicide de son père lorsqu’il a neuf ans n’aide pas trop trop à se structurer vous en conviendrez.

Son surnom de « Prince Frivole » lui est attribué à la suite de la publication de son premier recueil de poèmes, « La lampe d’Aladin« . Il a vingt ans. Vous êtes déjà complexé ? A partir de maintenant, je préfère vous prévenir que presque tous les faits qui dépeignent le mieux la vie de Cocteau vont un peu vous mettre mal tellement le monsieur PÈSE. Alors prenez un calepin, asseyiez vous confortablement et prenez des notes.

Cocteau est notamment connu car il était très proche du maître de ballets russes Serge de Diaghilev qu’il rencontre assez tôt et admire. Serge travaille également avec le peintre Léon Bakst (dont on a parlé ici parce qu’il sera un des profs de Chagall) et le danseur Vaslav Nijinski (le mec du Sacre du Printemps). C’est cette relation entre Jean et Serge qui va créer la première méga crise de Cocteau dans son art, qu’il va renier pour se tourner vers les cubistes et futuristes. Il va aussi faire partie du mouvement dadaïste et devenir, avec Erik Satie (qui n’est nulle autre qu’un de mes compositeurs favori de toute la vie), un des porte-parole du groupe des « Six » qui regroupe des compositeurs allant à l’encontre du wagnérisme.

Petite définition du wagnérisme :

Il faut que la musique et le texte fassent mieux que de coexister, comme ils le font dans l’opéra traditionnel, avec prééminence tantôt de l’une, tantôt de l’autre ; ils doivent être en fusion continuelle. L’élément masculin et explicite – le texte – doit ainsi féconder l’élément féminin et implicite – la musique – pour engendrer une expression complète de l’étendue du drame et des profondeurs humaines des personnages.

Torride. Mais du coup on veut s’en éloigner. Et c’est gratuit, si vous voulez écouter la première Gymonpédie de Satie parce que c’est bon pour l’âme, c’est juste ici.

DONC par la suite vient un élément dont tout le monde a entendu parler mais qui fait grave chier l’humanité : la guerre. Jean va être rapidement démobilisé pour des raisons de santé et va se servir du climat actuel pour produire son premier chef-d’oeuvre littéraire, Thomas l’Imposteur (1923). En 1918 il va rencontrer Raymont Radiguet, un poète très influencé par son oeuvre. Cocteau va lui trouver un véritable talent, croire en lui et l’aider plusieurs années jusqu’à la mort de Raymond en 1923, mort qui va faire tomber Jean dans l’opium. YES.

Jean donc, se drogue et va enchaîner les périodes de sevrage qui vont faire naître un autre de ses chef-d’oeuvre : Les enfants Terribles (1929). Comment ça être torturé et souffrir est le seul moyen de créer des œuvres de qualité ?

Une petite idée des productions artistiques de Cocteau en période de sevrage ?

Résultat de recherche d'images pour "cocteau le fumeur d'opium"
Jean Cocteau – Le fumeur d’opium
Jean Cocteau – Mandragore

La drogue, c’est mal.

Jean va aussi aimer et assumer son homosexualité. Et ça, c’est stylé. Ses deux relations les plus célèbres sont Jean Marais (acteur et beaucoup d’autres mais surtout acteur français et si BEAU que j’en ai la chair de poule) et Edouard Dermit, acteur et peintre français. Après la guerre, il écrit en 1940 Le Bel Indifférent, une pièce pour Edith Piaf, et va bosser avec Coco Chanel et Picasso. Il sera nommé deux fois Président du jury du Festival de Cannes en 1953 et 1954. Il va également initier à la peinture des mecs comme Charlie Chaplin dans la villa Santo Sospir où il est d’abord invité par l’héritier de Shell mais qu’il va squatter pendant onze ans en dessinant sur tous les murs sous les recommandations de Matisse qui trouve ça stylé. Heureusement que c’est beau ce qu’il fait, sinon il serait juste méga RELOU le mec (je l’aime).

En 1960, il tourne Le testament d’Orphée (que je vous recommande à 1000% à voir ET à lire) avec les sous sous de François Truffaut. Il sera, aux côtés de petits gars inconnus comme André Breton, Albert Camus, Giono et l’Abbé Pierre, engagé dans la défense du droit à l’objection de conscience (qui dit en gros que si selon tes convicitons politiques, religieuses, sentimentales ou philosophiques, tu veux refuser à l’autorité, bah l’autorité va se faire voir).

Jean meurt le 11 octobre 1963 dans sa maison à Milly-la-forêt, qui est aujourd’hui devenue son musée et est ouverte au public. C’est un lieu véritablement unique que je vous recommande définitivement d’aller voir si vous en avez un jour l’occasion.

Enfin, et pour finir sur une note positive, je vous propose une punchline digne de Jean et qui le résume bien, soit son épitaphe, disant : « Je reste avec vous ». Donc vous avez bien compris, personne ne lui dit quoi faire ok ? (je l’aime).

***

J’espère que ce format vous plaît ! Et que le Calendrier vous remplit de joie. Il ne me reste plus qu’à vous dire qu’on se retrouve demain pour un prochain article, et Dieu sait ce que l’avenir nous réserve.

Pepper.

Quelques œuvres bonus

Et maintenant sans raison aucune voici une sélection de mes œuvres favorites de Jean Cocteau :

2 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.