L’art de l’imprimerie moderne, dans un monde digitalisé – avec L’Indéprimeuse

Bonjour ! Je suis SI heureuse de vous présenter cet article ! Nouvel épisode de mon cher projet Rencontres, découvrez aujourd’hui avec moi une artiste que je suis depuis maintenant plus d’un an et que j’adore : L’indéprimeuse.

L’indéprimeuse, ce sont deux femmes formidables, Davina et Felicia, deux sœurs et une affaire de famille dans l’imprimerie qui vient de Corse pour avoir récemment posé le pied en terre parisienne, dans leur nouvelle boutique située 7, rue de Calais 75009. Leur travail est drôle, fin, féministe, littéraire… une bouffée d’air frais et… un stock de créations, qui grossit dangereusement chez moi…

Sans plus tarder, mesdames et messieurs, L’indéprimeuse !

PEPPER : Comment présenteriez-vous L’Indéprimeuse à quelqu’un qui n’en aurait jamais entendu parler ?

L’INDEPRIMEUSE: L’Indéprimeuse, c’est une imprimeuse qui vit dans son imprimerie en faisant des expériences avec les mots, ses machines et ses encres. Elle aime rire et rêver.

Famille d’imprimeurs depuis 1890, est-ce de là que vient ce projet ?

Bien évidemment. Je suis née dans une imprimerie, celle de mon père. L’atelier a été mon premier terrain de jeu. Très vite j’inventais et imprimais des journaux. J’ai eu mes premières cartes de visite à 11 ans ! Je les distribuais à la récré à mes copains.

Quelles sont les valeurs que peut porter L’Indéprimeuse ?

Je ne pense pas être à l’aise avec l’idée « de valeurs » chacun fait comme il peut avec ce qu’il a. La seule chose que je préconiserais c’est de s’amuser et de croire dans ce que l’on fait. Si on le fait bien, c’est mieux. Personnellement je me sens attachée aux luttes qu’entraînent le féminisme et l’écologie. Je choisis mon mot quand je dis « lutte », il me correspond davantage que « valeurs ».

A ma minuscule échelle, j’essaie d’imprimer des phrases, des dessins, des livres pour les femmes qui veulent être créatives et libres sur un papier recyclé et une encre sans chimie.

Combien de personnes travaillent pour l’Indéprimeuse ?

L’Indéprimeuse est deux 😉 : Felicia & Davina, deux sœurs, deux imprimeuses.

Davina (moi) travaille plus sur le créatif et les logiciels d’ordinateur (même si c’est le plus souvent des discussions communes qui arrivent à nous emmener au résultat qui nous convient) et Felicia est plus dans l’organisation, les relations avec les clients et la logistique.

Comment s’organise votre imprimerie ?

Nous sommes Corses, l’imprimerie est près de Bastia, et nous faisons la navette entre Paris et Bastia.

Nous voulons vraiment travailler avec le papier que nous aimons, nous le faisons venir d’Italie ou de France. Nous avons la chance de travailler depuis peu avec notamment du Richard de Bas qui est l’un des derniers fabricants de papier fait à la main. Le papier est une matière, c’est organique, il vit ! Nous adorons le voir réagir aux différentes impressions.

Y a-t-il une démarche spécifique que vous exercez en faveur de l’environnement ?

Nous sommes labellisés Imprim’vert, travailler avec des produits non-agressifs est un privilège.

Quelle est la série d’impression, le projet, que vous avez préféré faire ? 

Difficile de choisir ! J’aime particulièrement le début de L’Indéprimeuse avec cette collection d’une trentaine de couvertures de livres canoniques aux titres complètement farfelus… J’aime aussi la collection des Super Héroïnes ! Je suis fan des femmes courageuses et des super héros Marvel, le combo était fatal 🙂

Et… quelle est la série d’impression, le projet, qui a le mieux marché ?

On a de la chance d’avoir des gens qui aiment notre travail, ce qui fait absolument tout. Souvent à chaque sortie de nouveautés, l’enthousiasme est là.

Nous avons remarqué que sur les réseaux notre collection de « NON » expliquant que parfois savoir dire non était la seule solution pour être libre avait reçu un bel enthousiasme. Ça fait tellement plaisir de constater que ça plait !

Notre collection sur l’érotypographie a grandement intéressé, il faut dire que nous l’aimons beaucoup aussi !!

Pourriez-vous me dire en quoi l’usage au quotidien massif du numérique change-t-il votre métier ?

Vers 1450 l’invention de l’imprimerie a été une révolution. Puis, malgré certains changements, elle est restée quasiment en état jusqu’en 1970/80 où l’informatique est venu tout modifier (époque de mon père, le pauvre !) mais pour ses filles ce sont les années 2000 et l’arrivée du numérique qui a complètement métamorphosé le métier. La façon d’imprimer a radicalement changé : nous travaillons clairement plus vite. Même si certains gestes nous manquent, explorer de nouvelles techniques reste passionnant. 

Comment évaluez-vous l’impact du numérique sur votre créativité, par exemple sur les choix de typographies utilisées qui sont parfois amenées à être le cœur d’une série (je pense notamment à vos travaux sur « l’érotypographie »).

Ce qui a le plus changé avec l’arrivée du numérique, c’est pouvoir travailler à l’unité. Faire des essais et constater quasi instantanément ce qui se passe et si ça « fonctionne ». Le passage de l’écran à la feuille peut être terrible et ne rien rendre du tout.

L’univers digital, les réseaux sociaux… cela vous permet-il de mieux évaluer votre concurrence ?

Il est vrai que le nombre de gens qui suivent notre travail est un parfait indicateur pour savoir si ce qu’on fait fonctionne bien. Cela dit il n’est clairement pas le seul ! Et peut dans certain cas, évidemment ne rien dire du tout. Les réseaux sociaux nous permettent une réactivité très grande et nous aident à montrer notre univers et notre travail sans attendre qu’un client potentiel s’y intéresse. Ce sont leur vraies forces pour les créateurs comme nous.

Pensez vous que la masse de créateurs qui ont aujourd’hui la capacité de se promouvoir plus facilement et de façon beaucoup plus économique puisse être un frein à votre développement ? 

En aucun cas, voire tout le contraire, on assiste selon moi à une nouvelle façon d’acheter, lorsqu’on sait à qui on donne son argent, on humanise le rapport marchand. et la confiance s’installe. Plus les « petits » créateurs indépendants sont là, plus cette façon d’acheter grandit.

Pensez-vous que le numérique facilite votre rapport avec le client ? Est-il possible de tisser un vrai lien de fidélisation initialement 100% digitalement ?

J’en suis convaincue, la réponse immédiate et la possibilité de montrer tous les jours nos nouveautés permet effectivement une fidélisation.

J’ai vu qu’une boutique L’Indéprimeuse va ouvrir ses portes à Paris prochainement (Félicitations encore une fois !), pouvez-vous m’en parler davantage ?*

*NOTE DE PEPPER : j’ai écrit cet article avant l’ouverture de la boutique. Depuis je m’y suis rendue pour son inauguration et c’était CANONNISSIME. Une grand succès, encore bravo pour ce travail titanesque et je vous conseille de vous y rendre sans modération.

Ça y est ! Après beaucoup de travail, la voici ! Elle est toute belle au 7 rue de Calais 75009 dans le super quartier du Sud de Pigalle. J’adore internet mais encore une fois, je ne distingue pas les deux univers. Avoir un espace dans lequel nous pouvions travailler, recevoir, échanger sur ce qu’on fait, et permettre, pourquoi pas,  des collaborations, était très important pour sentir qu’on voulait grandir !

L’annonce de l’ouverture de la boutique semble également liée au développement de votre gamme textile (les petites culottes Premier Baisé). Le textile est-il un support que vous souhaitez développer plus que les autres à l’avenir ?

On aimerait toujours le papier ! Mais oui l’envie d’imprimer sur d’autre support nous ravit.

Le féminisme semble être un combat qui vous tient à cœur et qui se traduit beaucoup dans vos créations. Pourquoi est-il important selon vous de se rallier explicitement à cette cause à travers vos produits ? (Je veux dire ici d’un point de vue plus « marchand » que idéologique, parce que… vive nous.)

Les femmes ont toujours beaucoup travaillé mais elles n’ont pas été souvent (le moins qu’on puisse dire) rémunérées pour cela. Penser les femmes au travail est, selon moi, le vrai chemin de leur émancipation, c’est pourquoi j’attache beaucoup d’importance à la féminisation des mots au travail.

Qu’est ce qui vous inspire au quotidien ?

Absolument tout, la rue, les réseaux sociaux, les titres de journaux, la musique, les conversations dans le métro de gens que je ne connais pas.… n’importe quoi ! C’est dans ces conditions que je me sens le plus à l’aise.

Avez-vous le projet de faire des collaborations ? Ou d’autres projets en particulier dont vous voudriez parler ? (Même si bon je conçois que l’ouverture d’une boutique c’est déjà stylé).

J’édite des dessins de M. La Mine, j’adore son univers il est drôlissime. Il y a de l’intelligence et de la drôlerie dans tout ce qu’il fait.

Avez-vous un évènement humain, culturel, artistique, politique, social… qui vous a marqué récemment et que vous souhaiteriez partager dans cet article ?

L’ouverture à la PMA pour toutes bien sûr ! Dès qu’une loi ouvrira des libertés, je m’en réjouirai !

***

Encore un immense merci à Davina et Felicia pour avoir accepté de répondre à mes questions. Vous pouvez voir leurs créations sur instagram @lindeprimeuse ou sur leur site internet en cliquant juste ici. Je continuerai à suivre leur travail (et leurs créations commencent sérieusement à s’accumuler à la maison) et je vous conseille vivement d’en faire de même. Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à me donner votre avis en commentaires ou à me suivre sur instagram @pepperdwyer !

A très vite, de belles choses arrivent sur le blog.

Pepper.

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