La Biennale de Paris 2019, c’est quoi ?

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’art et de son monde étrangement aussi élitiste que rassembleur. Pour la première fois ce week-end, je me suis rendue à la Biennale de Paris 2019, avec l’envie de découvrir un univers différent et d’y apporter un œil assez critique tout en savourant la présence de somptueuses œuvres d’art.

Dans cet article, j’ai la volonté de provoquer votre intérêt envers l’art, envers les événements qui le concernent et de vous encourager vivement à vous forger une opinion d’après votre vécu, votre soif de savoir, votre curiosité. Enfin, quoi de mieux qu’un article pour rendre accessible au grand public un événement à 35€ l’entrée et qui vise à lorgner des tableaux que d’autres achètent sur un coup de tête devant vos yeux d’étudiant passionné et fauché ? Ah c’est sûr que rester bien au chaud devant Netflix toute la journée, ça évite de se prendre des claques dans la tronche.

Je suis cynique ? Désagréable ? Si peu.

***

« Le sentiment est plus attirant que l’intelligence et il apporte une contribution plus grande à une oeuvre d’art. »

Charlie Chaplin

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La Biennale ?

À ceux pour qui ce mot n’évoque rien, vous êtes au bon endroit. À ceux qui vont se la péter genre « bah biennal quoi étymologiquement c’est clair quoooi franchement c’est quelque chose qui se répète tous les deux ans sérieuuux » eh bah ouais, mais vous êtes fatiguant à la fin. Et enfin, à ceux qui savent ce que c’est… bah ça me fait une belle jambe va.

Mais… pour ceux que ça intéresse VRAIMENT, une Biennale, qu’est-ce que c’est ?

Vu que j’avais pas envie d’utiliser Wikipédia pour vous l’expliquer et parce qu’elle fait des articles tellement magnifiques et drôles sur l’art, je vous propose la définition d’Anna, aka ArtVulgaris.

« Une biennale sert à montrer le rayonnement artistique d’un pays, elle a plutôt une vocation culturelle. Elle est censée être le fruit d’une réflexion politique, sociologique, historique et artistique. Elle doit être en avance, surprendre et impressionner grâce à ce qu’elle présente.

Une biennale doit aussi combiner l’aspect local avec l’aspect international, en privilégiant son pays, sa région, MAIS en se montrant ouvert à l’étranger.

Il y a beaucoup de gens qui participent et gravitent autour d’une biennale : artistes, acteurs du marché de l’art, politiciens, professeurs, sociologues, journalistes, critiques… Chaque édition est censée s’inscrire dans l’histoire du pays. »

Ah… c’est beau le rayonnement culturel.

Les Biennales, y’en a un paquet (une trentaine partout dans le monde). Pour cet article, je ne vais vous parler que de celle de Paris étant donné que d’une, je m’y suis rendue et que de deux, je veux rentabiliser mon ticket.

La particularité de la Biennale de Paris est qu’elle était principalement dédiée aux antiquaires. Aujourd’hui, c’est un milieu en crise, la plupart de ces fameux antiquaires ont disparu ou se sont retirés de l’événement, ce qui fait qu’on s’y perd un peu. Pour certains, c’est un sacrilège et pour d’autres, un renouveau, une rupture.

La plupart des œuvres sont modernes, au détriment des classiques qui semblent prendre la poussière dans de (trop) grands cadres d’or. Dans un coin les Arts décoratifs se secouent un peu le derrière pour se hisser à la hauteur de nos yeux rêveurs, en un tout, les époques se chevauchent, s’entremêlent d’un cube à l’autre. Finalement, c’est assez déstabilisant, inégal. Moi, j’adore ça.

J’ai vraiment apprécié faire cette Biennale en particulier cette année car j’ai le sentiment que les choses bougent dans un sens, et se rétractent complètement dans l’autre. Tout le monde semble perdu, dans le doute, l’incertitude. Personne n’est vraiment capable de dire si c’est une réussite ou non. En effet, le paradoxe naît entre le fait que le renouvellement d’artistes puisse annoncer un monde nouveau mais, que face à ce renouveau, les clients restent toujours les mêmes et appartiennent toujours aux mêmes milieux où l’argent se déverse comme un puits sans fond pour finir par s’échouer dans les salons privés.

À méditer.

Les coups de cœur

Histoire de vous apporter un peu de toute cette beauté que j’ai eu la chance de pouvoir observer ce week-end, voici ma sélection de toiles favorites (ce ne sont que des toiles parce que j’adore ça, que c’est mon blog, et que sinon j’aurai dû vous organiser une expo à part entière). Ceci est totalement subjectif et purement pour le plaisir des yeux. Savourez !

La Vestale au temple – Raphaël Delorme (1885-1962) Huile sur toile 130 x 97 cm

Seated women from the front – Gustav Klimt (1862 – 1918) Pencil on paper 56,7 x 37,1 cm

La Danse – Jean Théodore Dupas (1862 – 1964) Papier calque, plume, encre de chine, lavis 42 x 35 cm

Les Mariés – Marc Chagall (1887 – 1985) Tempera sur panneau 65 x 40 cm

Peinture 46 x 33 cm, 1978 – Pierre Soulages (1919) Acrylique sur toile 46 x 33 cm

Jean Cocteau (1889 – 1963)

Le mot de la fin

J’espère que ce petit moment vous a plu, que vous avez eu envie d’en savoir plus, de comprendre pourquoi en 2019, une Biennale sert à quelque chose ou non. Peut-être vous sentez-vous révolté, jaloux, indifférent ? Après tout, ce sont nos émotions qui comptent dans l’Art. C’est finalement sa matière première.

Si je décidais de faire de l’esprit maintenant, ce serait pour dire que le maître mot de cette Biennale n’est autre que « cloisonné« . Oui, ce monde est un monde cloisonné, ses œuvres sont cloisonnées entre quatre murs préfabriqués, ses gens sont cloisonnés dans leurs milieux et dans leurs esprits, au grand désespoir d’une beauté qui ne demande qu’à éclabousser tous ceux qui l’entourent.

Alors, si ce n’est plus que le vide-grenier des millionnaires du dimanche, une Biennale est-elle encore utile ? Quand un tableau est entre quatre murs, au Grand Palais de Paris, prêt à être échangé contre quelque monnaie fictive et sans valeur, est-il plus exposé qu’aux yeux de tous, qui pourraient le contempler librement et sans forcément vouloir se l’accaparer ? L’art appartient-il à son auteur, son acheteur, ou son public ? Une oeuvre d’art doit-elle être dans votre salon ou dans un musée ? Doit-on mettre le prix d’une maison dans un pot de chambre en terre cuite ?

Ce sont des événements comme ceux-ci, sans queue ni tête, qui me tourmentent autant. Et rien que pour cela, c’est bien qu’ils existent.

À très vite.

Pepper.

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