ESQUISSES NOCTURNES de Molly Prentiss

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Ce livre n’est pas un grand chef-d’œuvre de la littérature aux tournures compliquées. Il est poésie. Chaque lettre, chaque page, chaque interligne suinte de poésie lourde à laquelle je me suis accrochée malgré moi. Mes émotions se calquaient sur celles des personnages avec une intensité que je n’ai jamais ressenti, au point que par moments je m’obligeais à m’éloigner du livre, le haïssais de me faire autant réfléchir, de me déconnecter autant de la réalité et de me rendre jalouse de son contenu. De cette vie dans le New York des années 1980, tellement libre, assumé et crasseux comparée à la modernité immaculée et à la crapulerie dissimulée du présent.

Au fil des pages, j’étais trempée, dans la joie, la tristesse, la colère, le dégoût, le sexe, la créativité, le rejet, la passion, le véritable amour qui n’est pas celui des contes de fées mais l’impitoyable ouragan qui vous tient par les couilles et vous fait chavirer pour enfin échouer sur ce radeau de la méduse éternel. Rempli de questions, d’inquiétude et d’adoration à la fois, j’étais partie prenante de ce tableau compliqué qu’est ce livre, comme une minuscule paillette accrochée au pinceau qui traçait le récit.

Comme lorsque je regarde un tableau au premier abord je pensais l’avoir compris avant même de l’avoir ouvert pour la première fois. Or comme j’ai appris à le faire en développant ma passion pour l’art, j’ai creusé et dévoré tout ce que l’œuvre avait à me donner, pour au final me révéler une toute autre histoire que celle que j’avais auparavant cru deviner.

Et que m’a dit ce tableau ? Quel message m’a-t-il communiqué ? Pour ma part, les gens s’évanouissent, sont de passage, les époques aussi brillantes soient-elles s’effacent avec le temps en un simple soupir, et l’art lui, reste. Il est le seul éternel sur cette terre, se transmet. Oui, ce livre a eu l’air de comprendre l’idée que je me fais de l’art, substance non-identifiable, incritiquable légitimement excepté par son créateur lui-même antonyme de commerce, il est ce carré bleu ou tout est possible, il est humain.

Pepper.

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